dimanche, 23 août 2009
Paul Éluard : air vif
J’ai regardé devant moi
Dans la foule je t’ai vue
Parmi les blés je t’ai vue
Sous un arbre je t’ai vue
Au bout de tous mes voyages
Au fond de tous mes tourments
Au tournant de tous les rires
Sortant de l’eau et du feu
L’été l’hiver je t’ai vue
Dans ma maison je t’ai vue
Entre mes bras je t’ai vue
Dans mes rêves je t’ai vue
Je ne te quitterai plus.
Derniers poèmes d’amour (Gallimard)
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mardi, 14 juillet 2009
A Alfred de Musset
Je suis trés émue de vous dire que j'ai
bien compris l'autre soir que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
là une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à vous montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir aussi
vous dévoiler sans artifice mon âme
toute nue, venez me faire une visite.
Nous causerons en amis, franchement.
Je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l'affection
la plus profonde comme la plus étroite
en amitié, en un mot la meilleure preuve
que vous puissiez rêver, puisque votre
âme est libre. Pensez que la solitude oú j'ha-
bite est bien longue, bien dure et souvent
difficile. Ainsi en y songeant j'ai l'âme
grosse. Accourrez donc vite et venez me la
faire oublier par l'amour où je veux me
mettre.
George Sand
20:54 Publié dans S'émouvoir ! | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
samedi, 13 juin 2009
Yamaguchi Seishi
Nulle trace dans le courant -
où j'ai nagé
avec une femme
23:00 Publié dans S'émouvoir ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 05 juin 2009
Iijima Haruko
Le Lys de montagne -
son pollen monte
en m'imprégnant les seins.
21:09 Publié dans S'émouvoir ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 04 juin 2009
Masaoka Shiki
La nuit est sans fin -
je pense
à ce qui viendra dans dix mille ans.
00:11 Publié dans S'émouvoir ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 31 mai 2009
Ozaki hôsai
Si seul
que je fais bouger mon ombre
pour voir !
21:03 Publié dans S'émouvoir ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 30 mai 2009
Natsume Sôseki
Sans savoir pourquoi
j'aime ce monde
où nous venons pour mourir
22:15 Publié dans S'émouvoir ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 29 mai 2009
Ozaki Hôsai
Deux seins
Superbes -
et un moustique !
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lundi, 18 mai 2009
L'amour à la robote - Jacques Prévert
Un homme écrit à la machine à écrire une lettre d'amour et la
machine répond à l'homme et à la main et à la place
de la destinataire
Elle est tellement perfectionnée la machine
la machine à laver les chèques et les lettres d'amour
Et l'homme confortablement installé dans sa machine à
habiter lit à la machine à lire la réponse de la machine
à écrire
Et dans sa machine à habiter avec sa machine à calculer
il achète une machine à faire l'amour
Et dans sa machine à réaliser les rêves il fait l'amour
à la machine à écrire à la machine à faire l'amour
Et la machine le trompe avec un machin
un machin à mourir de rire.
La pluie et le beau temps (1955)
Le Livre de Poche, p. 100
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jeudi, 30 avril 2009
Sonnet - Pierre Le Loyer
- Dans ton applany sont deux pommes decloses
- Qu'en parfaicte rondeur nature à faict lever,
- Et dans ton mesme seins se voyent eslever
- Deux fraizes de Printemps belles sur tourtes choses.
- Les pommes rondes sont tes deux mamelles closesd,
- Les fraizes, tes tetons plus beaux qu'on peust les trouver,
- Les pommes vont semblant aux neiges de l'hyver,
- Et les fraizes encor' aux plus merveilles roze.
- Cupudon les suceant à longs traitz et goulus
- De mamée le laict , dist-il ne me plaist plus,
- Ses têtons sont moings doux, moins doulce est sa mamelle.
- J'ayme bien mieux friand dans ce seins m'arrester
- Et là d'un doux Nectar sans cesse suçoter
- Meilleur que n'est le laict de Vénus immortelle.
22:58 Publié dans S'émouvoir ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


