jeudi, 17 décembre 2009
Hermann Rauschaing
Je fais établir un fichier complet de toutes les personnalités influentes dans tous les pays. Ces fiches contiendront les seuls renseignements qui comptent. Celui-ci accepte-t-il de l'argent ? Peut-on l'acheter d'une autre manière? Est-il vaniteux? Est-il homosexuel? Il faut donner beaucoup d'attention à cette dernière catégorie car on peut s'attacher ces gens-là par des liens indissolubles. Cet autre a-t-il quelque chose à cacher dans son passé? Est-il accessible au chantage? A-t-il des dispositions ou manies particulières : sports, marottes ou spleen? Aime-t-il les voyages? C'est avec cela que je fais la vraie politique, que je gagne des gens à ma cause, que je les force à travailler pour moi, que j'assure ma pénétration et mon influence dans chaque pays. Hitler m'a dit, Paris 1939.
On peut se demander si ces techniques n'ont pas fait école et ce qu'il est advenu de ce fichier !
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lundi, 30 novembre 2009
Denis Diderot
Lu : Je ne demande pas mieux que d'être heureux. Est-ce ma faute si je ne le suis pas ? Est-ce ma faute si je vois en tout des vices qui y sont et qui m'affligent ? Si toute la vie n'est qu'un songe, qu'un enchaînement d'espérances trompeuses ?
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dimanche, 29 novembre 2009
Denis Diderot
Lu : J'ai été forcé toute ma vie, de suivre des occupations auxquelles je n'étais pas propre et de laisser de côté celles où j'étais appelé par mon goût, mon talent et quelques espérance de succés.
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vendredi, 27 novembre 2009
Boris Pasternak
Lu : (Pour Scriabine) ... tout au monde devait se surpasser pour être soi-même. L'homme, l'activité humaine, devait contenir cet élément d'infinité qui détermine un phénomène et lui donne son caractère. Essai d'autobiographie, Idées Gallimard, p. 35
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dimanche, 22 novembre 2009
56-326
Lecture : Le 11 novembre, à la Foire aux livres, j'ai acheté " La grande Peur dans la Montagne " de Ramuz, cinquante centimes : ce prix est presque une insulte à l'auteur, mais enfin il permet à ses textes de se frayer un passage au milieu de livres inutiles. Hier soir, après avoir vu en partie la mauvaise adaptation sur France Trois, j'ai abandonné ma lecture en cours, très nombriliste, et j'ai retrouvé le style de Ramuz. Ses répétitions font penser à Prévert. Certaines tournures de phrases sont aussi usitées ici. Je les souligne au rayon de papier.
Blog : Sourire d'avril
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jeudi, 19 novembre 2009
Camara Laye - L'Enfant noir
Je viens d'en achever la lecture. Le hasard de la Foire aux Livres, m'a fait découvir ce texte. Le style de Camara Laye est clair, fait de phrases courtes, de mots simples, mais aussi de petites surprises de style.
Camara aime sa mère, son père, sa famille élargie jusqu'aux oncles et cousins, ses voisins, son pays, ses traditions, ses superstitions, Fanta, Marie... et ses copains de Kouroussa. A travers sa vie c'est d'eux qu'il parle, qu'il se parle, nous fesant aimer la Haute-Guinée. Il semble au cours de ce texte se dire à lui-même : Souviens-toi, Camara, souviens-toi, de l'amour de ta mère, de celle de ton père, de celle de Marie et de Fanta, de celle de tes oncles et de ta grand-mère ! Lui aussi fait ici la liste de ses dettes. Je suis heureux de cette lecture.
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Chanson de celle qui n'a pas parlé - Victor Hugo
L'énigme ne dit pas son mot.
Les flèches d'or ont des piqûres
Dont on ne parle pas tout haut.
Souvent, sous les branches obscures,
Plus d'un tendre oiseau se perdit.
Vous m'avez souvent dit: je t'aime.!
Et je ne vous l'ai jamais dit.
Vous prodiguiez le cri suprême,
Je refusais l'aveu profond.
Le lac bleu sous la lune rêve
Et, muet, dans la nuit se fond;
L'eau se tait quand -l'astre se lève.
L'avez-vous donc trouvé mauvais?
En se taisant le coeur se creuse.
Et, quand vous étiez là, j'avais
Le doux tremblement d'être heureuse. Vous parliez trop, moi pas assez.
L'amour commence par de l'ombre;
Les nids du grand jour sont blessés,
Les choses ont leur pudeur sombre.
Aujourd'hui - comme, au vent du soir,
L'arbre tristement se balance! -
Vous me quittez, n'ayant pu voir
Mon âme à travers mon silence.
Soit. Nous allons nous séparer.
- Oh! comme la forêt soupire! -
Demain qui me verra pleurer
Peut-être vous verra sourire.
Ce doux mot, qu'il faut effacer,
- Je t'aime - aujourd'hui me déchire;
Vous le disiez sans le penser,
Moi, je le pensais sans le dire.
26 septembre 1875.
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mercredi, 18 novembre 2009
Camara Laye.
C'est cette année-là, cette première année-là puisque la précédente ne comptait plus, que je nouai amitié avec Marie.
Quand il m'arrive de penser à cette amitié, et j'y pense souvent, j'y rêve souvent - j'y rêve toujours ! -, il me semble qu'il n'y eu rien, dans le cours de ces années, qui la surpassât, rien, dans ces année d'exil, qui me tint le coeur plus au chaud. Et ce n'était pas, je l'ai dit, que je manquais d'affection ; mes tantes, mes oncles me portèrent alors une antière affection ; mais j'étais dans cet âge où le coeur n'est satisfait qu'il n'ait trouvé un objet à chérir et ou il ne tolère de l'inventer qu'en l'absence de toute contrainte, hormis la sienne, plus puissante, plus impérieuse que toutes. Mais n'est-on pas toujours un peu dans cet âge, n'est-on pas toujours un peu dévoré par cette fringale? Oui, a-t-on jamais le coeur vraiment paisible. L'Enfant noir, p. 182
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jeudi, 12 novembre 2009
Anonyme
Quand un ami tendre et sincère
Prévient et comble vos souhaits,
II faut divulguer ses bienfaits ;
C'est être ingrat que de se taire.
En amour, c'est une autre aflaire,
II faut savoir dissimuler;
Les faveurs veulent du mystère ;
C'est être ingrat que de parler.
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mercredi, 11 novembre 2009
Jean Guehenno (1890-1978)
Un grand empereur, à la veille de quitter la vie, fit le compte de ce qu'il devait à son père, à sa mère, à ses maîtres, à ses amis, aux dieux, et, tout prince qu'il fût, en tête de ce livre de raison qu'il tenait et où il consignait ses pensées de maître du monde, il inscrivit ses plus anciennes dettes, celles dont on finit par n'avoir plus même conscience, qu'on oublie et ne pais jamais, ses dettes d'enfants et d'adolescent. Il nota comme un bon comptable, les exemples, les bontés, les sourires sans lesquels il ne fût jamais devenu l'homme qu'il était, Marc Aurèle. Quand un si grand prince pensait avoir de telles dettes, quelles sont donc les nôtres ? Changer la Vie, Le Livre de Poche, p. 7 et 8
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