vendredi, 18 décembre 2009

Expo à l'Orangerie

57-18 boxe.jpgLes Enfants modèles

dimanche, 13 décembre 2009

La mosquée de Paris

57-11 mosquée.JPGSi Abdelkader Ben Ghabrit est né en 1873 à Sidi-Bel-Abbès en Algérie, dans une famille originaire de Tlemcen. Conformément aux traditions des grandes familles musulmanes, le jeune homme poursuit de bonnes études à la Médersa d’Alger (la Thaalibiya) et de Fès (la Qarawiyyine) où il acquiert une solide formation française et arabe.

Grâce à cette double formation il entre facilement dans l’administration marocaine qui recherchait et appréciait facilement les anciens élèves des "Médersas" pour mettre a exécution la nouvelle réforme administrative lancée par le Roi Hassan 1er .

Dès 1895 le Roi Moulay Abdelaziz accorde la nationalité marocaine aux Algériens résidant au Maroc, où de nombreuses populations de l’Ouest et Sud Ouest algérien avaient trouvé refuge devant la conquête française de l’Algérie.

En 1904 Si Kaddour ouvre une Ecole franco-arabe à Tanger et prend les fonctions de Drogman ou interprète bilingue et de traducteur efficace dans le cadre des relations des français avec le palais marocain. Très vite devenu indispensable au progrès des discussions qui allaient aboutir aux accords du protectorat français sur le Maroc, il est considéré par de nombreux diplomates (Revoil, Saint Aulaire, plus tard Lyautey) comme l’homme d’une grande destinée et d’un grand dévouement à la France.

Nommé d’abord "Drogman" du Palais (interprète = Torjman) puis Directeur du Protocole chérifien, puis Ministre Plénipotentiaire son rôle est partout apprécié, admiré et lui gagne la solide amitié du Maréchal Lyautey, qui lui vaut de faire partie de la "mission française" qui se rend en 1916 au Hedjaz pour le pèlerinage à la Mecque.

En 1917 Si Kaddour fonde à la Mahakma d’Alger (tribunal civil ou cadi) la Société des Habous et Lieux Saints de l’Islam sous forme d’une Association Cultuelle musulmane destinée à faciliter le pèlerinage des pèlerins de l’Afrique du Nord française en faisant l’acquisition de deux hôtelleries : à Médine et à la Mecque.

En 1920 la Société des Habous et Lieux Saints de l’Islam est déclarée à la Préfecture d’Alger comme Association de la Loi de 1901 ayant pour objet la construction à Paris d’un Institut et d’une Mosquée qui symboliseraient sur le sol français l’amitié éternelle de la France et de l’Islam mais aussi le sacrifice des milliers de soldats musulmans tombés durant la première guerre mondiale, notamment à Verdun (1916).

Patronnée par le Président de la République et les quatre Maréchaux de France (Lyautey, Pétain, Foch, Franchet d’Espéray) l’initiative est renforcée par le vote du Parlement en 1920 d’un budget destiné à la construction de la Mosquée (Rapport E. Herriot).

Des aides diverses, des populations musulmanes d’Afrique du Nord, d’Orient, et de la ville de Paris (qui fait don du terrain), permirent le début des travaux en 1922 et l’ouverture de l’Institut Musulman de la Mosquée de Paris le 15 Juillet 1926 devant le Tout-Paris.

Devenue un centre très actif de la vie parisienne, la Mosquée de Paris, ses annexes (restaurant, hammam) vont vite connaître une vie culturelle intense (peintures, romans, films). Si Kaddour Ben Ghabrit qui préside les destinées de l’Institution brille à merveille par sa personnalité dans les salons parisiens. Il écrit des pièces (3) et des livres (Abou Nouas ou l’Art de se tirer d’affaire). II permet aussi aux étudiants musulmans de Paris de célébrer régulièrement les fêtes et manifestations religieuses à la Mosquée de Paris.

Durant la Guerre 1939-1945 la Mosquée de Paris par ses caves et son accès à la Bièvre (petit cours d’eau parisien) dût jouer un rôle actif dans le sauvetage de nombreux juifs et de résistants puisque le regretté ami de la Mosquée Abraham Assouline avance le chiffre de 1700 personnes...
A la libération, jouissant d’une santé fragilisée par un accident de voiture, Si Kaddour Ben Ghabrit organise des conférences dont l’une : "La Primauté de la civilisation Arabe dans le domaine des sciences et la Médecine" prononcée par le Professeur Jacques Risler le 18 Juin 1954 est restée mémorable et a fait l’objet de nombreuses communications.

Atteint par l’âge (82 ans) et la maladie Si Kaddour assiste aux prémices des mouvements nationalistes du Maghreb qui allaient déboucher sur l’indépendance du Maroc lorsque meurt le 30 Juin 1954 à Paris celui qu’on a appelé "le plus parisien des musulmans".

Si Kaddour Ben Ghabrit était Grand Croix de la Légion d’Honneur. Il est inhumé dans un site réservé au Nord de la Mosquée de Paris selon le rite malékite. Il est l’objet des visites, de commémorations à caractère national tous les ans.

Ouvrage édité : Abou Nouas, ou l’art de tirer d’affaire, 1930

jeudi, 10 décembre 2009

Victor Hugo

Cet homme, oublions son 2 décembre, oublions son origine, voyons, qu'est-il comme capacité politique ? Voulez-vous le juger depuis huit mois qu'il règne ? regardez d'une part son pouvoir, d'autre part ses actes. Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il fait ? Rien. Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l'Europe peut-être. Il n'eût, certes, pas effacé le crime du point de départ, mais il l'eût couvert. A force d'améliorations matérielles, il eût réussi peut-être à masquer à la nation son abaissement moral. Même, il faut le dire, pour un dictateur de génie, la chose n'était pas malaisée. Un certain nombre de problèmes sociaux, élaborés dans ces dernières années par plusieurs esprits robustes, semblaient mûrs et pouvaient recevoir, au grand profit et au grand contentement du peuple, des solutions actuelles et relatives. Louis Bonaparte n'a pas même paru s'en douter. Il n'en a abordé, il n'en a entrevu aucun. Il n'a pas même retrouvé à l'Elysée quelques vieux restes des méditations socialistes de Ham. Il a ajouté plusieurs crimes nouveaux à son premier crime, et en cela il a été logique. Ces crimes exceptés, il n'a rien produit. Omnipotence complète, initiative nulle. Il a pris la France et n'en sait rien faire. En vérité, on est tenté de plaindre cet eunuque se débattant avec la toute-puissance.
Certes, ce, dictateur s'agite, rendons-lui cette justice ; il ne reste pas un moment tranquille ; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres ; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il se remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c'est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide. Conversion des rentes ? où est le profit jusqu'à ce jour ? Economie de dix-huit millions. Soit ; les rentiers les perdent, mais le président et le sénat, avec leurs deux dotations, les empochent ; bénéfice pour la France : zéro. Crédit foncier ? les capitaux n'arrivent pas. Chemins de fer ? on les décrète, puis on les retire. Il en est de toutes ces choses comme des cités ouvrières. Louis Bonaparte souscrit, mais ne paye pas. Quant au budget, quant à ce budget contrôlé par les aveugles qui sont au conseil d'Etat et voté par les muets qui sont au corps législatif, l'abîme se fait dessous. Il n'y avait de possible et d'efficace qu'une grosse économie sur l'armée, deux cent mille soldats laissés dans leurs foyers, deux cents millions épargnés. Allez donc essayer de toucher à l'armée ! le soldat, qui redeviendrait libre, applaudirait ; mais que dirait l’officier ? et au fond, ce n'est pas le soldat, c'est l’officier qu’on caresse. Et puis, il faut Paris et Lyon, et toutes les villes, et plus tard, quand on sera empereur, il faudra bien un peu faire la guerre à l'Europe. Voyez le gouffre ! Si, des questions financières, on passe aux institutions politiques, oh ! là, les néo-bonapartistes s’épanouissent, là sont les créations ! Quelles créations, bon Dieu ! Une constitution style Ravrio, nous venons de la contempler, ornée de palmettes et de cous de cygne, apportée à l'Elysée avec de vieux fauteuils dans les voitures du garde-meuble ; le sénat-conservateur recousu et redoré, le conseil d'Etat de 1806 retapé et rebordé de quelques galons neufs ; le vieux corps législatif rajusté, recloué et repeint, avec Lainé, de moins et Morny de plus ! pour liberté de la presse, le bureau de l'esprit public ; pour liberté individuelle, le ministère de la police. Toutes ces « institutions » – nous les avons passées en revue – ne sont autre chose que l'ancien meuble de salon de l'empire. Battez, époussetez, ôtez les toiles d'araignée, éclaboussez le tout de taches de sang français, et vous avez l'établissement de 1852. Ce bric-à-brac gouverne la France. Voilà les créations ! Où est le bon sens ? où est la raison ? où est la vérité ? Pas un côté sain de l'esprit contemporain qui ne soit heurté, pas une conquête juste de ce siècle qui ne soit jetée à terre et brisée. Toutes les extravagances devenues possibles. Ce que nous voyons depuis le 2 décembre, c'est le galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé.
Ces hommes, le malfaiteur et ses complices, ont un pouvoir immense, incomparable, absolu, illimité, suffisant, nous le répétons, pour changer la face de l'Europe. Ils s'en servent pour jouir. S'amuser et s'enrichir, tel est leur « socialisme ». Ils ont arrêté le budget sur la grande route ; les coffres sont là ouverts, ils emplissent leurs sacoches, ils ont de l’argent en veux-tu en voilà. Tous les traitements sont doublés ou triplés, nous en avons dit plus haut les chiffres. Trois ministres, Turgot – il y a un Turgot dans cette affaire – Persigny et Maupas, ont chacun un million de fonds secrets ; le sénat a un million, le conseil d’Etat un demi-million, le officiers du 2 décembre ont un mois-Napoléon, c’est-à-dire des millions ; les soldats du 2 décembre ont des médailles, c’est-à-dire des millions ; M. Murat veut des millions et en aura ; un ministre se marie, vite, un demi-million ; M. Bonaparte, quia nominor Poleo, a douze millions, plus quatre millions, seize millions. Millions, millions ! ce régime s’appelle Million. M. Bonaparte a trois cents chevaux de luxe, les fruits et les légumes des châteaux nationaux, et des parc et jardins jadis royaux ; il regorge ; il disait l’autre jour : toutes mes voitures, comme Charles-Quint disait : toutes mes Espagnes, et comme Pierre le Grand disait : toutes mes Russies. Les noces de Gamache sont à l’Elysée ; les broches tournent nuit et jour devant des feux de joie ; on y consomme – ces bulletins-là se publient, ce sont les bulletins du nouvel empire – six cent cinquante livres de viande par jour ; l’Elysée aura bientôt cent quarante-neuf cuisines comme le château de Schœnbrunn ; on boit, on mange, on rit, on banquette : banquet chez tous les ministres, banquet à l’Ecole militaire, banquet à l’Hôtel de Ville, banquet aux Tuileries, fête monstre le 10 mai, fête encore plus monstre le 15 août, on nage dans toutes les abondances et dans toutes les ivresses. Et l’homme du peuple, le pauvre journalier, auquel le travail manque, le prolétaire en haillons, pieds nus, auquel l’été n’apporte pas de pain et auquel l’hiver n’apporte pas de bois, dont la vieille mère agonise sur une paillasse pourrie, dont la jeune fille se prostitue au coin des rues pour vivre, dont les petits enfants grelottent de faim, de fièvre et de froid dans les bouges du faubourg Saint-Marceau, dans les greniers de Rouen, dans les caves de Lille, y songe-t-on ? que devient-il ? que fait-on pour lui ? Crève, chien !

mardi, 17 novembre 2009

Charles Quint

56-323 Titien.jpgTiziano Vecellio ou Tiziano Vecelli, plus communément dit le Titien (vers 1490 Pieve di Cadore - 28 août 1576 Venise)

A partir de 1530, il produit de nombreuses œuvres pour Charles-Quint. Il inaugure pour lui le genre du portrait en pied en 1533 : le visage ingrat du peu séduisant Charles est traité sans concession par l'artiste.

Si le grand portrait équestre de 1548 commémorant Mühlberg exalte un défenseur de la foi dans toute sa gloire, au même moment un portrait assis souligne la fatigue et la mélancolie de l’empereur.

La légende s'empara vite de leur relation :

Le Titien étant occupé à faire le portrait de Charles-Quint, laissa tomber un de ses pinceaux ; l'Empereur le ramassa. Vivement touché de cette marque d'honneur, le grand peintre dit à l'Empereur en se prosternant : Sire, je ne suis pas digne d'avoir un serviteur tel que vous, à quoi Charles-Quint répondit : «Il y a plusieurs princes, mais il n'y a qu'un seul Titien ! ».

Charles anoblit Titien et lui concéda des pensions qu'il eut d'ailleurs quelque peine à toucher. Parmi les rares toiles que Charles emporta à Yuste figuraient deux œuvres religieuses du vénitien. Enfin, à l'heure de sa mort, c'est le portrait posthume de sa femme Isabelle de Portugal par Titien qu'il demanda à contempler.

jeudi, 29 octobre 2009

Paul Klee - Autoportrait à la fenêtre

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jeudi, 08 octobre 2009

Mort d'Irving Penn

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Colette, par Penn

vendredi, 08 mai 2009

La Déesse aux serpents

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Statuette minoenne de 1600 avant notre ère !

jeudi, 23 avril 2009

Jean-Baptiste Carpeaux - Négresse captive

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mardi, 06 janvier 2009

Edward Hopper - Automat - 1927

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mercredi, 19 novembre 2008

William Bouguereau - La bohémienne - 1890

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