jeudi, 24 décembre 2009
Darwin
En 1881, environ 20 ans après la publication de "De l'origine des espèces" et 6 mois avant sa mort, Charles Darwin, le célèbre naturaliste anglais publie son dernier ouvrage. Succès de librairie aussi considérable que son ouvrage majeur, le dernier livre de Darwin n'en est pas moins caractérisé par un sujet perçu à cette époque comme insignifiant, ce qui a certainement ajouté à son succès. Cet ouvrage traite en effet des vers de terre et s'intitule" La formation de la terre végétale par l'action des vers de terre avec des observations sur leurs habitudes". Ce sujet, pour le moins surprenant de la part de ce grand naturaliste, va pourtant, comme ses autres ouvrages, révolutionner notre perception de la nature et favoriser le développement de disciplines comme la pédologie et la biologie des sols. Dans cet ouvrage, Darwin explique et décrit en détail (mesures à l'appui) comment les vers de terre affectent la pédogenèse et les processus d'altération, la différentiation d'horizons du sol et la formation de la "terre végétale", la fertilité des sols, le cycle global érosion-sédimentation, l'enfouissement des vestiges archéologiques. Cet ouvrage a modifié notre perception des vers de ferre. Bien que pendant la période antique, les vers de terre aient été considérés comme des animaux utiles et respectés, ils ont par la suite été plutôt perçus comme des animaux nuisibles qu'il fallait éliminer des champs. Avec Darwin, les vers de terre sont redevenus "les amis de l'homme". Pourtant, au cours du xx éme siècle, avec le développement de la chimie, les potentialités des vers de terre vis-à-vis de la fertilité des sols ont été ignorées et il faudra attendre les années 60-70 pour qu'enfin des études leur soient consacrées et leurs rôles reconnus. Ils sont notamment devenus les symboles d'une agriculture propre et durable.
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mardi, 22 décembre 2009
Solstice d'hiver

Natalis > Noël comme le latin patella > poêle.
Cette fête avait lieu le jour du solstice d'hiver : c'est en effet à partir de cette date que les jours se rallongent : le soleil renaît...
Cette année, le solstice d'hiver a lieu le 21 décembre 2009, à 18 h 46 (heure de France ou 17 h 46 TU). C'est à cette minute que commence aussi l'hiver.
Noël, c'est à l'origine la fête du soleil : rendons gloire au Soleil qui nous donne chaque jour la lumière et sans lequel nous ne pouvons vivre !
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vendredi, 18 décembre 2009
Garcia-Lorca
Le terrain d'Alfacar, situé à 9 km de Grenade, a été fouillé "centimètre par centimètre" sans succès, a expliqué la responsable de la justice pour le gouvernement régional d'Andalousie, Begoña Alvarez, qui était chargée des recherches.
Malgré des moyens importants, les fouilles n'ont permis de mettre au jour "aucun os, aucun vêtement, aucune douille de balles", a expliqué Mme Alvarez pendant la présentation d'un rapport sur les travaux.
Les fouilles avaient débuté le 2 novembre dans cette zone semi-aride et escarpée, à la demande expresse des familles de plusieurs personnes avec lesquelles le poète aurait été fusillé, puis jeté dans une fosse commune.
La famille de Lorca (1898-1936), victime la plus emblématique de la guerre civile (1936-1939) et du franquisme, avait pourtant toujours refusé de localiser et d'exhumer la dépouille, de crainte que "tout cela ne se transforme en spectacle", avait expliqué sa nièce.
Mais elle avait dû céder face à la décision irrévocable des autorités régionales d'entamer des recherches à Alfacar, afin de satisfaire à la demande des autres familles des républicains enterrés avec lui.
L'opération a été entourée d'un maximum de précautions et de discrétion pour ménager la famille Lorca. Les lieux avaient été entourés de palissades, de bâches et surveillés 24 heures sur 24 pour éviter toute incursion indésirable ou indiscrétion des médias.
Des surfaces d'une superficie totale de 268 mètres carrés ont été passées "au peigne fin", avec l'aide notamment d'un appareil permettant de détecter toute irrégularité dans le terrain, a expliqué vendredi Mme Alvarez. Sans résultats.
Plusieurs témoignages désignaient pourtant ce lieu comme celui où avait été fusillé, puis enterré Garcia Lorca avec deux anarchistes et un instituteur, Dioscoro Galindo, en août 1936, un mois après le début de la guerre civile.
Pour le journal espagnol El Pais, il reste "indiscutable" que le poète a bien été assassiné à Alfacar mais il est possible que sa dépouille ait été ensuite transportée ailleurs.
Grand spécialiste de Lorca, l'écrivain irlandais Ian Gibson a été l'un des premiers à désigner Alfacar comme le lieu de sépulture anonyme de Lorca, se fondant sur le témoignage du fossoyeur Manuel Castilla, dit "Manolo le communiste".
Ian Gibson a confié cette semaine à El pais qu'il restait persuadé que les restes de Lorca se trouvent dans cette zone, non loin des terrains fouillés en novembre et décembre et qu'il "faut continuer à chercher" alentour.
La responsable du gouvernement andalou a pourtant totalement exclu que la zone explorée ait pu un temps servir de sépulture. "Il n'y a jamais eu d'inhumation" sur ces terrains, a-t-elle expliqué, car la présence d'une roche à 40 centimètres de la surface interdit d'y creuser des fosses.
L'annonce va relancer les conjectures sur des lieux alternatifs de sépulture pour l'auteur du Romancero Gitano. Un ouvrage récent de Gabriel Pozo a placé au lieu-dit El Caracolar la fosse où la dépouille de Lorca aurait été jetée, puis retirée avant d'être transférée en un lieu inconnu.
Une autre théorie voudrait que le père du poète ait transporté secrètement ses restes jusqu'à la résidence d'été de la famille, la Huerta de San Vicente, à Grenade, transformée aujourd'hui en musée.
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jeudi, 17 décembre 2009
Censure
Un restaurateur a découvert un détail camouflé par des couches de peinture sur l'une des toiles du Français Nicolas Poussin (1594-1665) : Priape, le dieu grec de la fertilité, avait un pénis en érection.Issu de la collection du Musée d'Art de Sao Paulo (MASP), le tableau de Poussin intitulé "Hyménée travesti pendant une cérémonie à Priape" a été restauré dans le cadre de l'Année de la France au Brésil et sera exposé à partir du 8 septembre.
Réalisé entre 1634 et 1638, ce tableau a appartenu à la famille royale espagnole. Il est probable que les "retouches de pudeur" aient eu lieu au 18e siècle, dans une Espagne très catholique.
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lundi, 14 décembre 2009
Le Cercle Paul Claudel
Nous sommes un groupe constitué de diplomates et de représentants d’institutions culturelles, de tous âges et de toutes tendances politiques, qui souhaitons, par cette tribune, attirer l’attention de tous sur l’incroyable, et pour tout dire scandaleuse, liquidation en cours du réseau culturel français dans le monde menée par l’actuel ministre des Affaires étrangères et européennes. Les faits sont simples.
Ce ministre a totalement négligé l’opportunité que présentait début 2008 la révision générale des politiques publiques (RGPP) pour poser les termes d’une relance en profondeur de notre réseau culturel à l’étranger. Les grands ministres des Affaires étrangères ont toujours eu une grande politique culturelle, Alain Juppé ou Hubert Védrine en sont des exemples récents. L’actuel titulaire du poste n’a toujours pas manifesté d’intérêt réel pour l’influence culturelle de la France dans le monde. Il a cautionné un changement absurde de la structure de pilotage du réseau culturel depuis Paris : en février 2009, la direction économique du Quai d’Orsay a littéralement absorbé la direction générale en charge du réseau culturel et de coopération. Aujourd’hui les diplomates qui dirigeaient la direction économique ont été placés à la tête de la nouvelle entité «culturelle». La culture française dans le monde doit-elle être envisagée comme un sous-produit de l’activité économique de nos entreprises ?
Traduction concrète d’un virage idéologique sans précédent ou énième négligence, l’actuel ministre a validé puis assumé les dénominations ridicules de cette nouvelle structure parisienne de pilotage du réseau culturel : «la direction générale de la mondialisation» (sic), composée, entre autres, de «la direction des biens publics mondiaux» ou de «la direction de l’attractivité». Les termes de «coopération culturelle», de «réseau universitaire et scientifique» ou de «promotion du français» ont, peut-être, été jugés trop ringards ? Sacrifier aux appellations à la mode, particulièrement à celles en provenance du monde anglo-saxon, ne vaut pas renouvellement de notre politique culturelle.
Il a prétendu alléger et dynamiser notre dispositif culturel en termes de personnel et de budget. A Paris, il n’a fait que créer un nouveau monstre, cette direction générale de la mondialisation, qui s’avère, six mois seulement après sa création, pléthorique et ingérable. A l’étranger, il a réduit le budget des actions culturelles de 30 à 50%, provoquant, dans certains pays, la quasi-cessation des activités. Il a exigé le transfert de la gestion budgétaire de l’audiovisuel extérieur (TV5 plus RFI), soit plus de 160 millions d’euros, vers une autre administration que la sienne afin que son épouse puisse occuper le poste qui est le sien aujourd’hui. Le rapprochement de TV5 et de RFI avec France 24 était une évidente nécessité mais il aurait pu se faire sous la houlette du Quai d’Orsay. Il a déclaré publiquement qu’en faisant sortir l’audiovisuel extérieur de son ministère, évitait ainsi un conflit d’intérêt (sic). Son comportement, sur cette question, n’est pas digne de celui d’un ministre.
Il a paralysé, par ses changements incessants d’arbitrage, notre seul opérateur d’influence artistique, CulturesFrance. La bonne volonté de tous - du réseau culturel à l’étranger, des ambassadeurs, du ministère de la culture, des parlementaires - pour faire de cette structure un outil efficace et mieux adapté, a buté sur l’inconstance du principal décideur. Aujourd’hui, le seul souci du ministre est de faire nommer son ami, l’écrivain Jean-Christophe Rufin, déjà bombardé ambassadeur de France au Sénégal, à la tête de CulturesFrance sans même chercher sérieusement à se poser la question d’un projet culturel et artistique global à mener.
Enfin, il vient, près de deux ans et demi après sa prise de fonction, d’organiser une concertation interne au ministère des Affaires étrangères, pour le moins tardive, sur l’avenir du réseau culturel français dans le monde. Il s’agit là d’une opération cosmétique de rattrapage car ce ministre a pris conscience des dégâts considérables causés par sa négligence volontaire et sa légèreté coupable. Certains de ne pouvoir être entendus par ce ministre, nous en appelons à l’arbitrage de nos plus hautes autorités, à la mobilisation des parlementaires et à la prise de conscience de nos concitoyens pour que cesse ce démantèlement et soit reposée la question de l’avenir du réseau culturel français dans le monde.
Le cercle Paul Claudel rassemble une douzaine de hauts fonctionnaires du Quai d’Orsay.
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dimanche, 13 décembre 2009
Sanctuaire d'Akab
L'archéologie de la péninsule arabique a révélé très peu de données sur les croyances et les pratiques rituelles antérieures à l'Islam. Dans la péninsule omanaise (sultanat d'Oman et Emirats arabes unis), aucun sanctuaire n'est connu à l'âge du Bronze (3100-1500 av. notre ère) et il faut attendre l'âge du Fer pour discerner des pratiques cultuelles (Ier millénaire av. notre ère).
Situé aux Emirats arabes unis, sous le détroit d'Ormuz, le sanctuaire d'Akab daté de 3500 av. notre ère, apporte aujourd'hui les premiers éléments sur les rituels des sociétés côtières préhistoriques du Golfe.
Akab, un village de pêcheurs entre 4700 et 4100 av. notre ère
Déserte de nos jours, l'île d'Akab se trouve à 50 km au nord de Dubaï, dans la grande lagune d'Umm al-Quwain (Emirats Arabes Unis). Au Ve millénaire, il y a plus de 6 500 ans, Akab est un campement de pêcheurs, dont les habitations circulaires ont été retrouvées. La pêche, activité principale des occupants du lieu est pratiquée au filet ou à la ligne munie de hameçons en nacre d'huître perlière. Si toutes les ressources de la lagune et de la mangrove avoisinante semblent exploitées, les pêcheurs d'Akab ont, dès cette époque, pêché le thon, activité qui nécessitait des expéditions en mer sur des embarcations.
Une structure en os de dugong (3500-3200 av. notre ère)
Le dugong (Dugong dugon, Müller 1776), un sirénien vivant sur le littoral de l'Océan indien et dans l'océan Pacifique occidental, est bien attesté de nos jours dans le Golfe. À l'âge adulte, il mesure jusqu'à 4 m de long et son poids peut atteindre 400 kg. Aujourd'hui protégé aux E.A.U., sa chair, son huile et son cuir ont été longtemps exploités.
Sondé au début des années 1990, « l'amas de dugongs » d'Akab fut interprété comme une aire de boucherie de vaches marines. Reprise entre 2006 et 2009 par une nouvelle équipe de préhistoriens et d'archéozoologues de la mission française, la fouille révèle alors qu'il ne s'agit pas d'une accumulation d'ossements sans organisation mais d'une structure aménagée dont la construction s'est faite par étapes. Une datation carbone 14, réalisée directement sur os de dugong permet de l'attribuer à la deuxième moitié du IVe millénaire avant notre ère (5140 ± 55 BP. 3568-3116 av. notre ère).
La structure est complexe et prend la forme d'une plateforme ovoïde de 10 m2 environ et de 40 cm de haut. Elle regroupe les restes d'une quarantaine de dugongs au moins.
Le niveau supérieur était structuré par deux rangées de crânes tournés vers l'est, une troisième rangée de crânes avec la même orientation bordant la structure au nord. Tous les crânes étaient soigneusement calés, avec le prémaxillaire profondément fiché dans la partie basse de l'aménagement et un calage de côtes, souvent doublées, voire triplées, tout autour. Des brassées de côtes étaient déposées juste devant la première rangée de crânes à l'est.
Le niveau inférieur de la plateforme était presque entièrement imprégné d'une solution ocrée qui a rubéfié les couches d'ossements et le sédiment naturel. Ce niveau se caractérise par la présence de mandibules de dugongs posées à plat, et dans certaines zones, empilées sur plusieurs couches.
Les juvéniles, y compris de très jeunes dugongs, sont bien représentés dans l'amas. On observe aussi qu'aucun animal n'a été déposé entier dans la structure, de même qu'aucun quartier important. De plus, certaines parties anatomiques, comme les côtes, vertèbres ou membres, sont en net sous effectif, ce qui témoigne d'une sélection intentionnelle. Le dépôt de portions d'animaux à l'état frais est certifié par la présence de membres en connexion. Aujourd'hui, les os présentent les stigmates d'une longue exposition au soleil et au vent.
Le mobilier du sanctuaire
La densité du mobilier au sein de la structure rituelle est exceptionnellement élevée, les 10 m2 de la structure ayant fourni 1 862 objets. Ceux-ci, déposés ou insérés dans le monument, n'ont pas de relation avec le dépeçage ou la découpe de dugong, et sont pour l'essentiel des éléments de parure. Si l'on note la présence de perles en coquille (Spondylus sp. Engina mendicaria, Strombus decorus decorus, Ancilla sp. etc.), les plus fréquentes sont des perles tubulaires à double perforation distale coudée, d'un type rare dans le Golfe. Ces éléments de parure sont accompagnés d'outils (hameçons de nacre, poinçons en os, couteaux en coquille, éclats de silex) et de galets. Enfin, des restes de gazelle et de mouton ou de chèvre, dont les os sont retrouvés parfois en connexion anatomique, ont été incorporés à la structure.
Akab, un sanctuaire marin
Les fouilles d'Akab ont mis en évidence des manipulations complexes de restes de dugongs soigneusement sélectionnés, la construction d'un édifice d'une taille imposante et des dispositions préférentielles d'ossements. Des dépôts volontaires de très nombreux objets (parure individuelle, sélection d'outils, objets rares ou exotiques) et des restes de mammifères terrestres domestiques et sauvages sont associés à la structure, de même que d'importants épandages d'ocre.
Tous ces éléments indiquent que l'aménagement et l'utilisation du monument d'Akab répondaient au IVe millénaire à des règles précises. L'ensemble concourait à une mise en scène à la fois spectaculaire et ritualisée d'un grand mammifère marin, et on ne peut qu'être frappé par le fait que les crânes de dugongs sont, à Akab, orientés plein Est, à l'image des défunts de certaines nécropoles néolithiques comme celle de Jebel al-Buhais 18 (émirat de Sharjah, UAE). Cette mise en scène évoque aussi celle de la tortue verte (Chelonia mydas) dans la nécropole de Ra's al-Hamra 5 (sultanat d'Oman), contemporaine du monument d'Akab, avec des crânes posés près du visage du défunt ou sur sa tombe, et des dépôts d'éléments de carapace sur le corps.
Unique au Moyen-Orient, le monument d'Akab n'a aucun parallèle au Néolithique dans d'autres parties du monde. Les seules structures comparables sont attestées sur les côtes australiennes du détroit de Torres, dans des sites rituels, les kod, mais leurs dates sont très récentes (XIVe-XXe siècles de notre ère). Comme à Akab, il s'agit d'édifices renfermant des restes de dugongs (de quelques spécimens à plusieurs centaines) et dans lesquels étaient déposés des objets (parure individuelle, outils divers, objets importés), mais aussi de la faune terrestre ou marine. Dans ce pays, le dugong est un animal « bon à penser », qui a fait, ou fait encore, l'objet de rites propitiatoires concernant les préparatifs de sa capture, le transport de sa dépouille à terre, son dépeçage et/ou sa consommation. Or ces rites sont liés à des faits totémiques, certains clans pêcheurs ayant des totems marins, comme le requin, la tortue marine ou le dugong.
L'analogie est telle entre le monument d'Akab et les amas de dugongs australiens que l'on estime hautement probable le lien avec des rites de pêche. On peut en déduire que le monument d'Akab, dont l'organisation était préconçue, qui a été construit pour durer et dont le statut était très particulier, était un sanctuaire.
Etait-il exclusivement voué à des rites en lien avec le dugong, dont la capture n'était pas sans risque, loin s'en faut, ou bien de la pêche/chasse en mer en général ? Aucun élément ne permet de le dire.
Les pêcheurs néolithiques d'Akab appartenaient-ils à une société où non seulement les croyances et les rites étaient en lien avec des animaux mais qui était fondée sur la paire totem-clan, donc sur l'exogamie ? Rien ne permet aujourd'hui de l'affirmer. Ce que l'on constate, c'est la proximité de populations côtières pourtant éloignées de plusieurs centaines de kilomètres, celles d'Akab et de Ra's al-Hamra notamment, qui partageaient culture matérielle et technologies, mais aussi des pratiques d'ordre spirituel avec certains animaux marins.
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vendredi, 11 décembre 2009
La salle de banquet tournante de Néron
La découverte des vestiges de la salle de banquet tournante de Néron viennent d'être révélés, par une équipe d'archéologues dirigée par Françoise Villedieu. Élément de prestige de la « Domus Aurea », palais impérial bâti au 1er siècle de notre ère, sur le Mont Palatin à Rome, cette pièce de réception avait été décrite par l'historien romain Suétone. Elle avait tout pour impressionner les invités : une riche décoration, mais aussi une salle à manger circulaire, la « Cenatio rotunda » qui tournait jour et nuit en imitant le mouvement de la terre.
D'ores et déjà, les fouilles ont permis d'identifier des salles pouvant correspondre à des espaces de service, situés sous la pièce, ainsi qu'une partie du mécanisme assurant la rotation du plancher. Sans comparaison connue aujourd'hui, il représente un élément unique de l'architecture romaine.
L'édifice de plan circulaire, que vient de dégager partiellement l'équipe d'archéologues dirigée par Françoise Villedieu du Centre Camille Jullian (CNRS/Université de Provence), appartient certainement à un corps de bâtiment du palais de Néron. Ce « nouveau » pavillon de la Domus Aurea pourrait être conservé sur environ 60 m de longueur, ainsi que le révèlent quelques indices.
Au stade actuel, les fouilles ont mis au jour un court tronçon du mur qui circonscrit la rotonde : un mur de 2,10 m d'épaisseur, qui dessine un cercle mesurant 16 m de diamètre. Au centre se dresse, sur plus de 10 m de hauteur, un pilier de 4 m de diamètre. Le pilier et le mur sont reliés par deux séries d'arcs placés en position radiale, qui couvrent l'un le rez-de-chaussée, en cours de fouille, l'autre le premier étage. Sept arcs ont déjà été vus : quatre au niveau supérieur - parmi lesquels un seul est intact – et trois au niveau inférieur.
Les murs, bien que réalisés avec le plus grand soin, sont dépourvus de revêtements décoratifs, un détail qui nous apprend que les salles concernées étaient des espaces de service. L'étage noble devait donc nécessairement se trouver au-dessus, à un niveau où l'on observe que le sommet des maçonneries ne conserve aucune trace de l'arrachement d'une couverture ou de murs.
Le seul vestige de cet aménagement se présente sous la forme de trois cavités hémisphérique mesurant 23 cm de diamètre, qui devraient avoir servi de logement à des sphères en bronze ou en basalte. Les cavités, qui évoquent nos roulements à billes, la forme circulaire de l'édifice et les dimensions du pilier central laisse supposer que cet édifice serait la « cenatio rotunda » dont parle Suétone, une salle à manger qui était ronde et tournait sur elle-même, jour et nuit, en imitant le mouvement du monde. Il faut donc imaginer un pavement de bois articulé autour d'un axe fixé dans ou sur le pilier central, et entraîné par un mécanisme assisté par les sphères. L'hypothèse, pour devenir certitude, devra être renforcée par de nouvelles données, que seule l'extension de la fouille peut fournir, tout en livrant les informations complémentaires nécessaires afin de mieux comprendre le fonctionnement du dispositif qui devait assurer une rotation lente, mais continue, de la cenatio.
Il est déjà possible d'affirmer qu'il s'agit d'un édifice exceptionnel. La base étonne par ses qualités architecturales et l'étage noble occupait une position privilégiée en hauteur. De là, on dominait le parc et l'atrium du palais et le regard portait sur la plus grande partie de la ville : Capitole, Forum, Caelius, Palatin...
Dans le cadre d'un programme de préservation des vestiges antiques, la nécessité de mener une enquête complémentaire sur le système adopté au Ier siècle pour créer la grande terrasse artificielle de la Vigna Barberini s'est imposée. Mariantonietta Tomei, responsable du Palatin au sein de la Soprintendenza archeologica, a confié la direction de cette fouille à Françoise Villedieu du Centre Camille Jullian (CNRS/Université de Provence). Si les résultats recueillis au cours d'une campagne qui a duré deux mois (et vient de s'achever, le 25 septembre) ont permis d'atteindre le but fixé, ils ont aussi largement dépassé l'attente des intervenants. En conséquence, la Soprintendenza archeologica et le Ministero per i Beni culturali ont décidé d'étendre la fouille au cours des prochains mois.
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jeudi, 10 décembre 2009
Des rituels pour les héros morts au combat ?
Fondé au VIe siècle avant notre ère, Pech Maho est un port de commerce tourné vers les échanges avec la Méditerranée. Peu avant -200, le site est attaqué et largement détruit par incendie, œuvre d'un agresseur possédant des machines de jets. Après la destruction, le lieu est déserté mais très vite, une population importante revient sur place et s'adonne à des rituels originaux. Une approche stratigraphique a permis d'établir le scénario d'une activité post-destruction et de nombreuses découvertes issues des récentes fouilles viennent l'étayer.
En plus de nombreux restes de nourriture laissant penser à un grand banquet, les archéologues ont découvert les traces de massacre de plusieurs dizaines de chevaux. Les méthodes de découpe sont particulièrement violentes. Elles se distinguent de simples gestes de boucherie qui se font généralement au niveau des ligaments, alors qu'ici, on retrouve des coups d'épée portés à des chevaux dans le sens longitudinal. Un corps humain a été associé à ces restes : sacrifices ? Un bûcher est également installé dans le périmètre de l'habitat aménagé après destruction, où une dizaine d'individus est incinérée. Ces morts qui étaient habillés, parés et accompagnés de mobiliers divers, ont reçu un traitement funéraire comparable à celui en vogue en Languedoc au second âge du Fer (Ve-IIe siècle avant notre ère). Ce traitement n'en demeure pas moins original : l'incinération est collective et il n'y a pas de prélèvement des restes destinés à être disposés dans des tombes. L'ensemble de ces manifestations s'inscrit dans un intervalle de temps très court et il est certain que le site n'est plus véritablement habité après sa destruction. Les sacrifices de chevaux et les banquets ont probablement été réalisés préalablement à la sépulture multiple. Par leur caractère inédit, ces événements sont difficiles à nommer mais ils viennent véritablement clore l'histoire de Pech Maho, dont le souvenir à ses héros ne tardera pas à s'estomper sous le coup de la conquête romaine. Ainsi, Pech Maho n'est pas un simple sanctuaire mais ce qu'on pourrait appeler un hérôon : un édifice considéré comme le tombeau d'un héros, d'un mortel déifié, à qui on rend un culte.
Le site archéologique de Pech Maho est connu depuis le début du XXe siècle et des fouilles ont été menées dans les années 50 et 70, mais les rituels survenus après la destruction étaient inconnus. C'est dans le cadre d'un Projet collectif du Ministère de la Culture en 1998, que la documentation ancienne a été reprise et que de nouvelles fouilles ont démarré en 2004. Au départ, cette campagne visait notamment à mieux caractériser l'occupation du site avant destruction et le déroulement de cette dernière.
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mercredi, 09 décembre 2009
Iceberg
Un iceberg géant faisant près de deux fois la taille de Hong Kong a été localisé dérivant en direction de l'Australie. Neal Young, un glaciologue australien, a repéré l'iceberg long de 19 km à environ 1.700 kilomètres au sud du pays-continent grâce à des images satellites.
Le scientifique a affirmé qu'un tel monstre de glace n'avait pas été vu dans la région depuis le 19e siècle.
"Je n'ai pas le souvenir d'évocation d'un tel iceberg depuis très, très longtemps", a déclaré à l'AFP M. Young qui travaille au sein d'un centre de recherches sur l'Antarctique.
"Je pense qu'il faudrait remonter à l'époque de la marine à voile", a-t-il ajouté.
Selon M. Young, l'iceberg qui mesure environ 140 km2, soit près de deux fois la superficie de l'île de Hong Kong, s'est détaché de l'Antarctique il y a environ dix ans. Il faisait à l'époque quelque 400 km2.
"Le bloc restant a survécu dans l'océan pendant près d'un an", a expliqué M. Young. "Il s'est alors lentement dirigé vers le nord et le nord-est en direction de l'Etat d'Australie Occidentale", a-t-il dit..
Fin novembre, plus d'une centaine d'icebergs venant de l'Antarctique avaient été déjà localisés dérivant à environ 450 km de la Nouvelle-Zélande, laquelle avait émis un message de vigilance maritime.
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lundi, 07 décembre 2009
1er décembre 1945 - Thiaroye (Sénégal)
Des tirailleurs sont libérés des camps de prisonniers de guerre allemands et démobilisés. Débarqués le 21 novembre à Dakar, ils sont rassemblés au camp de Thiaroye à quelques kilomètres de la capitale. Mais ils attendent de recevoir les arriérés de leur solde et de pouvoir échanger leurs marks. En France, malgré leurs réclamations, on le leur avait refusé sous divers prétextes, et on leur avait promis que tout se ferait au Sénégal. Mais ici rien non plus ne se faisait, on leur proposait l'échange de leur argent à la moitié de sa valeur, ils recevaient un nouvel ordre de départ... C'en était trop. Les tirailleurs protestèrent, manifestèrent sans doute. Ils séquestrèrent un général qui leur donna satisfaction pour être relâché... La nuit suivante, le 1er décembre 1944, l'armée française intervenait en bombardant et mitraillant le camp. Les tirailleurs n'avaient pas d'armes. Combien de morts? 25, 38, 60 ou plus? Quelques uns de ceux qui n'avaient pas été tués passèrent en jugement et furent emprisonnés jusqu'à ce qu'une grâce présidentielle leur soit accordée en avril 47, lors du voyage de Vincent Auriol en AOF. En France on ignore tout. Senghor en parle dans un numéro d'Esprit de juillet 45 et Lamine Gueye rapporte ces faits en mars 46 à la première Constituante.
Sources : Yves Benot, Massacres coloniaux, La Découverte, 1994
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