jeudi, 22 octobre 2009

Bien mal acquis...

L'histoire a rattrapé les Plée. Notables de Sologne, ils ne voulaient pas d'une plate-forme industrielle non loin de leur domaine, un magnifique château du XVIIe siècle et ses 800 hectares. Le calme de la forêt en eût été troublé.

En 2006, ils déposent un recours devant le tribunal administratif pour contester l'utilité publique du projet. Et déclenchent l'enquête. Alors qu'ils se décrivent comme propriétaires «depuis des générations» du château de l'Écluse, l'avocat de la commune de Salbris, Me Mialot, aperçoit le terrible tampon du commissariat aux Questions juives sur leurs titres. C'est en novembre 1941 qu'ils s'en sont portés acquéreurs, alors qu'Émile Akar, le propriétaire juif, ruiné, est mort en zone libre. Sa veuve et son fils, cachés, sont représentés sur l'acte de vente par un administrateur, aux côtés d'un commissaire aux Questions juives, qui finalise la transaction en 1944… «La spoliation est établie», clame l'avocat de la commune. Les Plée, devenus de simple « détenteurs », n'auraient alors plus de légitimité à agir dans l'affaire de la plate-forme industrielle. «Les Akar étaient vendeurs, plaide l'avocat des Plée, Me Chabeuf, et nous avons versé 1,2 million de francs de l'époque.» À l'État français, comme le prévoyaient les lois de Vichy. Et maintenant, les descendants des Akar menacent d'intenter une action pour récupérer leur château… Retours et détours de l'histoire.

Commentaires

Je dis souvent qu'il y a toujours une justice. Bon, des fois, faut attendre longtemps.
Mais ça console !

Ecrit par : Chriss - 17 | dimanche, 01 novembre 2009

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Moi je me dis le contraire ! Il a fallu une erreur pour que la vérité se sache. Combien de spoliation de ce genre, dorme encore dans les archives ! Le ménage n'a pas été fait !

Ecrit par : Juan | dimanche, 01 novembre 2009

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