mardi, 31 mars 2009
90
Extérieur : Chaque jour la neige perd du terrain. Le tussilage a fait son apparition au bord de la route au Fer à Cheval.
Inspiration : Il lui semblait depuis quelque temps se réveiller d'un long sommeil, peuplé de cauchemars.
Réflexion : Il est un temps où l'on sait que même donner son opinion est inutile.
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dimanche, 29 mars 2009
Vanessa Hudgens

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lundi, 23 mars 2009
L'héritage égyptien
Christiane Desroche-Noblecourt, la plus illustre de nos égyptologues, n'a jamais eu peur de bousculer les idées reçues, ni de choquer. Aussi est-ce avec une grande assurance que la vieille dame «indigne», qui vient de fêter ses 91 ans et n'a rien perdu de son esprit critique, se permet d'affirmer, en conclusion de son dernier ouvrage, Le Fabuleux Héritage de l'Egypte (1) : «Contrairement à ce que nous répétons, nous ne vivons pas dans une culture judéo-chrétienne, mais égypto-chrétienne. Les Juifs et la Bible n'ont contribué en rien à l'édification du christianisme. Tout ce qu'ils nous ont légué leur venait des Egyptiens.» Ce livre, elle l'écrit en fait «depuis 60 ans», dit-elle avec son inaltérable humour. «Arrivée à mon âge, on jette un regard synthétique sur les choses que l'on a étudiées de près durant toute une vie, et alors apparaissent les évidences.» Le propos de l'égyptologue qui fit déplacer des montagnes pour sauver les temples de Nubie, qui fit rendre les honneurs militaires à la momie de Ramsès II, venue se faire «soigner» dans un hôpital français, son propos donc était de faire l'inventaire, «après vérification», de tout ce qui, dans notre vie quotidienne, est hérité de la civilisation égyptienne. Et le legs est bien plus riche qu'on ne le croit, à commencer par le calendrier et l'alphabet. «Alors que tous les peuples de l'Antiquité suivaient un calendrier lunaire, explique-t-elle, les Egyptiens étaient les seuls à suivre un calendrier solaire, de 12 mois de 30 jours, auxquels s'ajoutaient quatre jours «épagomènes», vers la mi-juillet, et une journée entière tous les quatre ans.» Ce calendrier, Jules César eut l'intelligence de l'adopter. L'Eglise, ensuite, le conserva, ne modifiant que la date du jour de l'An, jusqu'alors fixée au 18 juillet, jour de l'arrivée de la crue du Nil. «Si les Egyptiens avaient adopté ce calendrier, c'est parce qu'ils étaient logiques et avaient un sens aigu de l'observation de la nature. Ils avaient commencé à compter les jours de l'inondation, ceux de la décrue et ceux de la canicule et avaient abouti à leurs trois saisons de quatre mois chacune. Et ce partage des jours a eu une influence incalculable sur leur vie, leur culture et même leurs croyances.» Entre autres héritages profanes, il faut signaler le jeu de l'oie, qui nous a été transmis quasiment sans modification, la fabrication des briques et les étonnantes avancées de la médecine égyptienne, reconnue à l'époque dans tout le Proche-Orient : leurs médecins avaient découvert la méthode de la prise du pouls au moyen de la clepsydre qui servait d'horloge, les tests de grossesse, le traitement de la cataracte – dont le nom avait le même double sens qu'en français –, les phénomènes de la migraine et une foule de traitements ophtalmiques. Le second grand legs profane est l'alphabet. Pour Mme Desroches-Noblecourt, il ne fait aucun doute que «son principe est né du contact entre ouvriers égyptiens et bédouins qui travaillaient dans les mines de turquoise». Etonnés devant ces signes hiéroglyphiques, elle pense que les Bédouins de Canaan ont interrogé les Egyptiens et appliqué à leur propre langue le principe d'«acrophonie» (2) qui préside à un grand nombre de hiéroglyphes. «Ils ont ensuite rapporté ce système bien plus pratique que l'écriture cunéiforme dans leur pays où il est entré en contact avec les Doriens de la guerre de Troie, descendant d'Anatolie, qui l'ont eux-mêmes transporté jusque dans le Péloponnèse.» Mais c'est dans le domaine spirituel que les énigmes et les rapprochements sont les plus nombreux et les plus troublants. Les énigmes, d'abord : sur l'histoire de Joseph que relate abondamment la Genèse, elle a une théorie bien étayée : «Comment un pharaon égyptien aurait-il eu besoin d'un jeune étranger pour lui expliquer le songe des sept vaches grasses et des sept vaches maigres, alors que le dernier des fellahs connaissait ce rythme des bonnes crues et des mauvaises crues. Il faut donc croire que le pharaon en question était un Hyksos, autrement dit un sémite qui ne connaissait ni le climat ni le pays, et qui a fait entrer les Hébreux en grand nombre sur le sol égyptien.» Autre grand point d'interrogation : «Pourquoi Marie, Joseph et l'Enfant Jésus fuient-ils précisément en Egypte alors que, de Nazareth, ils étaient à deux pas de l'actuelle Syrie ? Et la Bible ne nous dit quasiment rien de ces années d'étude et d'apprentissage que Jésus dut connaître dans ce pays qui régnait alors sur tous les autres par ses connaissances scientifiques et spirituelles». Quant aux rapprochements iconographiques et dogmatiques, ils sont si nombreux que l'égyptologue dit : «Le fond christique existait en Egypte» et elle en donne de multiples preuves. Elle mentionne notamment une charmante scène nilotique, souvent rencontrée en contexte funéraire, où l'on voit un homme ou un couple en train de pêcher sur une seule ligne deux petits poissons, toujours les mêmes, le tilapia et le lates. Ils n'évoquent pas la vie bucolique que l'on imagine, mais signifient l'âme d'hier et l'âme de demain, celle de la vie terrestre et de l'au-delà. Or on connaît bien la symbolique du poisson chez les premiers chrétiens et Mme Desroches-Nobleclourt ajoute : «Ces deux mêmes poissons, toujours retenus par la même ligne, constituent le deuxième signe du grand zodiaque... du Christ en majesté dominant le narthex de la basilique de Vézelay». De même que saint Georges terrassant le Malin, martyrisé près de l'actuelle Tel-Aviv, trouve son archétype dans un Horus harponneur de l'hippopotame, symbole du mal, saint Christophe, patron des voyageurs, a pour prototype Anubis, le conducteur des âmes préparées pour le Grand Voyage. Et les exemples abondent, «à commencer par la cérémonie de l'ouverture de la bouche et des yeux pratiquée sur un nouveau pape lors de son intronisation, telle que les Egyptiens la faisait subir à un défunt avant son inhumation». Sachant qu'il ne faut pas prendre au pied de la lettre l'abondance du panthéon égyptien, Christiane Desroches-Noblecourt se dit convaincue que la divinité suprême – ce que la reine Hatschepsout avait pressenti avant Akhenaton – était une seule force divine, celle de la conjonction du dieu soleil, Amon-Rê, et de la déesse mère Isis, facteurs fécondants de la terre d'Egypte. «La théogamie, l'union d'un dieu et d'une mortelle, qu'évoquent Hatshepsout dans son temple de Deir-el-Bahari et d'autres grands pharaons pour justifier leur essence divine, n'est rien d'autre que l'Annonciation et Marie, la fille spirituelle de la grande Isis dont le culte a fonctionné jusqu'en Gaule pendant des siècles.» Le plus extraordinaire enfin est le rapprochement qu'elle propose entre la décoration intérieure d'un sarcophage conservé au Louvre et le narthex de la basilique de la Madeleine de Vézelay. Dans le sarcophage, explique-t-elle, la déesse Nout apparaît entourée par un zodiaque qui commence, en bas à gauche, par les deux derniers signes de la saison «printemps-hiver» égyptienne, le Verseau et les Poissons, monte jusqu'à la tête de la déesse où sont peints les jours épagomènes, c'est-à-dire l'arrivée de la crue, en juillet, et redescend sur le flanc droit jusqu'au dernier signe, le Capricorne. Contrairement à l'Occident chrétien, qui commence toujours par le Bélier et s'achève par les Poissons. «Or, à Vézelay, le grand zodiaque de pierre reproduit exactement celui du sarcophage du Louvre. Et au-dessus de la tête du Christ, trois médaillons représentent trois étranges personnages enroulés sur eux-mêmes : un chien, un homme emmailloté et une sirène. Le chien, c'est l'étoile Sotis qui annonce la crue, toujours appelée la «petite chienne», l'homme n'est autre qu'Osiris, symbole de renaissance, et la sirène, femme-poisson, annonce l'arrivée de la crue...» (1) Le Fabuleux Héritage de l'Egypte de Christiane Desroches-Noblecourt. Editions Télémaque, 24,50 €. (2) Acrophonie : attribution à un idéogramme de la valeur phonique du premier son du terme qu'il sert à figurer. Exemple : A pour âne.
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Question : Y-a-t'il une vision " généalogique " du monde ?
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mercredi, 18 mars 2009
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Inspiration : Il y a eu un jour après son départ, puis un mois, puis un an. Ceux qui l'avaient connu partir à leur tour. Ceux qui le remplaçaient changeaient les choses. Lorsqu'il revint il avait été oublié. Ses souvenirs n'étaient plus partager par personne. Il se sentit en lieu inconnu, étranger là où il avait vécu et mit en place les choses qui permettaient à ceux-là de vivre.
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lundi, 16 mars 2009
Lettre au Capitaine Butler, de Victor Hugo
Hauteville House Guernesey, 25 novembre 1861
Vous me demandez mon avis, monsieur, sur l'expédition de Chine. Vous trouvez cette expédition honorable et belle, et vous êtes assez bon pour attacher quelque prix à mon sentiment ; selon vous, l'expédition de Chine, faite sous le double pavillon de la reine Victoria et de l'empereur Napoléon, est une gloire à partager entre la France et l'Angleterre, et vous désirez savoir quelle est la quantité d'approbation que je crois pouvoir donner à cette victoire anglaise et française.
Puisque vous voulez connaître mon avis, le voici :
ll y avait, dans un coin du monde, une merveille du monde ; cette merveille s'appelait le Palais d'été. L'art a deux principes, l'Idée qui produit l'art européen, et la Chimère qui produit l'art oriental. Le Palais d'été était à l'art chimérique ce que le Parthénon est à l'art idéal. Tout ce que peut enfanter l'imagination d'un peuple presque extra-humain était là. Ce n'était pas, comme le Parthénon, une œuvre rare et unique ; c'était une sorte d'énorme modèle de la chimère, si la chimère peut avoir un modèle.
Imaginez on ne sait quelle construction inexprimable, quelque chose comme un édifice lunaire, et vous aurez le Palais d'été. Bâtissez un songe avec du marbre, du jade, du bronze, de la porcelaine, charpentez-le en bois de cèdre, couvrez-le de pierreries, drapez-le de soie, faites-le ici sanctuaire, là harem, là citadelle, mettez-y des dieux, mettez-y des monstres, vernissez-le, émaillez-le, dorez-le, fardez-le, faites construire par des architectes qui soient des poètes les mille et un rêves des mille et une nuits, ajoutez des jardins, des bassins, des jaillissements d'eau et d'écume, des cygnes, des ibis, des paons, supposez en un mot une sorte d'éblouissante caverne de la fantaisie humaine ayant une figure de temple et de palais, c'était là ce monument. Il avait fallu, pour le créer, le lent travail de deux générations. Cet édifice, qui avait l'énormité d'une ville, avait été bâti par les siècles, pour qui ? pour les peuples. Car ce que fait le temps appartient à l'homme. Les artistes, les poètes, les philosophes, connaissaient le Palais d'été ; Voltaire en parle. On disait : le Parthénon en Grèce, les Pyramides en Egypte, le Colisée à Rome, Notre-Dame à Paris, le Palais d'été en Orient. Si on ne le voyait pas, on le rêvait. C'était une sorte d'effrayant chef-d'œuvre inconnu entrevu au loin dans on ne sait quel crépuscule, comme une silhouette de la civilisation d'Asie sur l'horizon de la civilisation d'Europe.
Cette merveille a disparu.
Un jour, deux bandits sont entrés dans le Palais d'été. L'un a pillé, l'autre a incendié. La victoire peut être une voleuse, à ce qu'il paraît. Une dévastation en grand du Palais d'été s'est faite de compte à demi entre les deux vainqueurs. On voit mêlé à tout cela le nom d'Elgin, qui a la propriété fatale de rappeler le Parthénon. Ce qu'on avait fait au Parthénon, on l'a fait au Palais d'été, plus complètement et mieux, de manière à ne rien laisser. Tous les trésors de toutes nos cathédrales réunies n'égaleraient pas ce splendide et formidable musée de l'orient. Il n'y avait pas seulement là des chefs-d'œuvre d'art, il y avait un entassement d'orfèvreries. Grand exploit, bonne aubaine. L'un des deux vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l'autre a empli ses coffres ; et l'on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en riant. Telle est l'histoire des deux bandits.
Nous, Européens, nous sommes les civilisés, et pour nous, les Chinois sont les barbares. Voila ce que la civilisation a fait à la barbarie.
Devant l'histoire, l'un des deux bandits s'appellera la France, l'autre s'appellera l'Angleterre. Mais je proteste, et je vous remercie de m'en donner l'occasion ; les crimes de ceux qui mènent ne sont pas la faute de ceux qui sont menés ; les gouvernements sont quelquefois des bandits, les peuples jamais.
L'empire français a empoché la moitié de cette victoire et il étale aujourd'hui avec une sorte de naïveté de propriétaire, le splendide bric-à-brac du Palais d'été.
J'espère qu'un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée, renverra ce butin à la Chine spoliée.
En attendant, il y a un vol et deux voleurs, je le constate.
Telle est, monsieur, la quantité d'approbation que je donne à l'expédition de Chine.
Victor Hugo
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dimanche, 15 mars 2009
74e jour : Jessica Alba

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vendredi, 13 mars 2009
72e jour
Vu : La neige : Dans les coins ombragés, dans les sous-bois aux creux des ravins, elle résiste au vent, à la pluie, au soleil. Déjà apparaissent par endroit de petits ronds d'herbe bien verte, qui attendaient la place.
Livres : Acheté hier :
- La Liberté en poésie, de Georges Jean. Anthologie.
- Albert Savarus, d'Honoré de Balzac.
Lu : Les japonais émus par la plume anonyme d'un poète sans abri : Depuis la fin de l'année 2008, le quotidien Asahi publie des courts poèmes d'un auteur sans abri resté anonyme. Et, sans doute pour la première fois, les lecteurs de ce journal découvrent à travers ses mots ce "peuple d'en bas" qui, la nuit, dort dans des cartons aux pieds de ceux qui se pressent pour ne pas rater le dernier métro.
Comme d'autres journaux, Asahi a une rubrique poétique dans laquelle sont publiés des poèmes du genre classique waka, courts et à la beauté austère et mélancolique, envoyés par des lecteurs qui ont été sélectionnés par un jury. Les concours de poèmes relèvent d'une tradition millénaire au Japon. Et les quotidiens l'ont poursuivie. Au nombre de lettres d'encouragement que reçoit l'Asahi, les poèmes de cet homme déchu, à la rue, ont ému plus d'un lecteur.
Habitué à vivre sans clés, je passe la nouvelle année. De quoi d'autres dois-je encore me dessaisir ?
Cette rue s'appelle la rue des enfants infidèles. Moi je n'ai ni parents ni enfant.
L'homme ne vit pas seulement de pain, mais moi je passe ma journée avec le pain distribué...
A la belle étoile, cette chanson de Juliette Gréco dont les paroles sont de Jacques Prévert et la musique de Joseph Kosma, a bercé son sommeil :
M'endormant sous un ciel étoilé, j'ai entendu la chanson de Gréco. Ce n'était qu'une illusion...
Le poète anonyme signe ses textes du pseudonyme de Koichi Koda, mais la rubrique "adresse" qui accompagne la publication du poème, normalement obligatoire, comporte la simple mention : "sans". L'auteur vit probablement dans le quartier de Kotobukicho, à Yokohama, l'un des bivouacs aux minables hôtels pour journaliers, l'une de ces trappes de la ville vers lesquelles refluent les sans-abri.
L'écriture soignée et la référence à la chanson de Juliette Gréco (qui date des années 1950) donnent à penser que l'homme est cultivé et doit être âgé de plus de 70 ans. A la suite de la publication de ses poèmes par Asahi, l'anonyme poète en a envoyé un autre :
Lisant l'article à mon propos comme s'il s'agissait de quelqu'un d'autre, les larmes me sont montées aux yeux.
Le quotidien l'a appelé à se faire connaître, ne serait-ce que pour lui remettre la petite rémunération qui accompagne la publication d'un poème. "Je suis touché par votre gentillesse, mais pour le moment je n'ai pas le courage d'entrer en contact avec vous", a-t-il répondu. Philippe Pons
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mercredi, 11 mars 2009
70e jour
Un pâle soleil perce à travers les nuages. Néanmoins, il réchauffe l'atmosphère : la neige fond. Le blanc cède le terrain au vert kaki des champs à la sortie de l'hiver. De minces filets d'eau traversent la route par endroit. Un amoureux a dessiné maladroitement, sur un mur, un coeur, avec un " Je t'aime " dedans. Le printemps se fait attendre.
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mardi, 10 mars 2009
Miley Cyrus

22:29 Publié dans Photos | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


